Archives de catégorie : Article

3 erreurs à éviter lorsque l’on pose des règles bienveillantes

par Christelle Zanco

La  vie de famille, le quotidien, les horaires de travail, la société nous obligent à poser un cadre à nos enfants à leur fixer des règles. Et ceci peut devenir très vite épuisant car nos chers bambins ont soif de découvertes, leur curiosité insatiable les pousse à explorer des domaines auxquels nous n’aurions jamais songé ! Tant que nous ne sommes pas parents :

qui aurait pensé qu’il serait nécessaire d’intervenir lorsqu’une fillette de 2 ans mord la truffe d’un chien pour lui prendre sa balle ?

qui aurait cru expliquer à un jeune enfant qu’il ne peut pas voyager dans le coffre avec le chien ?

qui aurait cru qu’il dormirait avec ses enfants la nuit lorsqu’il fait des cauchemars ou tout simplement lorsqu’il le demande ?

Des règles nous en retrouvons tous les jours dans notre vie : qu’elles nous soient imposées ou qu’elles émanent de nous. Elles sont nécessaires pour vivre en toute sérénité. En effet, nous sommes des êtres sociaux et pour notre propre liberté nous avons besoin de poser des règles, des limites pour pouvoir vivre en toute liberté et se sentir en sécurité. Et oui, on comprend bien que la règle « tu ne tueras point ton prochain » à toute sa raison d’être.

Dans une famille aussi nous avons besoin de poser des règles pour se sentir en sécurité et vivre le plus sereinement possible.

Mon expérience de maîtresse d’école et mon observation des nombreuses familles que j’ai pu côtoyer me font dire que nous répétons souvent 3 erreurs lorsque nous voulons poser des règles :

  • Erreur 1 : CROIRE QUE LES ENFANTS CONNAISSENT INTUITIVEMENT NOS REGLES

Souvent, les parents pensent que les enfants savent ce qui n’est pas à faire. Que cette « bêtise » est une évidence.

« Mais qu’est ce qui te passe par la tête ? Tu le sais quand même qu’on ne doit pas taper sur la façade de la maison avec un marteau ? »

Et bien non ! L’enfant de 4 ans voire même 8 ans  n’a pas le cerveau suffisamment développé pour réfléchir aux conséquences de ses actes avant de passer à l’action. Surtout si on ne lui a jamais appris à la faire !

La réaction du parent peut alors être la punition. Il s’agira bien entendu ici de REACTION à une ACTION.

Le parent réagira avec son cerveau inférieur à une action effectuée par l’enfant avec son cerveau inférieur. Il n’y aura pas d’apprentissage pour l’enfant. Il se peut aussi que l’enfant ne comprenne pas la réaction de son parent et qu’il ne comprenne pas la punition.

Pour agir alors avec bienveillance pensons à anticiper les actions et à dire la règle AVANT.

Si vous le voyez avec un marteau : le marteau c’est pour ce bout de bois là, avec papa, maman (à vous de définir ce que vous êtes prêts à accepter)

Et comme les enfants ont beaucoup de choses à intégrer entre leur naissance et l’âge de 6 ans, ils oublient beaucoup.

Notre rôle de parents bienveillants est  1. d’anticiper les actions

2. dire la règle (ou l’élaborer avec l’enfant)

3. répéter cette règle chaque fois que nécessaire (ne croyez pas qu’un enfant qui a respecté une règle 1 fois saura la respecter à chaque fois !)

Et comme on ne peut pas tout prévoir, il y aura des moments où la règle sera transgressée alors

Notre rôle de parent bienveillant sera : 1. De faire constater les dégâts ou les conséquences

2. D’offrir à l’enfant la possibilité de réparer

3. Ce sera une excellente situation de référence pour les prochaines fois (Tu te souviens quand tu as tapé avec le marteau sur la façade ? Comment cela se fait que papa et maman étaient fâchés ? Alors aujourd’hui tu fais quoi avec ton marteau ? )

Ainsi l’enfant a appris.

  • Erreur 2 : POSER DES REGLES QUI NE NOUS CORRESPONDENT PAS

Lorsque l’on devient parent, notre première référence c’est notre propre éducation. Nous avons alors tendance à reproduire ce que nous avons vécu ou alors à faire totalement l’opposé par réaction  ce que nous avons vécu. On peut poser des règles aussi  parce que « c’est comme ça ». Un point c’est tout.

« Un enfant ça doit manger assis à table »

« Un enfant ça ne doit pas s’occuper des discussions d’adultes »

« Un enfant ça doit se taire lorsqu’un adulte parle »

On se retrouve à poser des règles sur des généralités. Mais ces règles sont-elles valables pour VOTRE famille ? Correspondent-elles à vos besoins ?

Une règle existe car elle répond à un besoin propre. Elle n’existe pas pour exister.

Je reprends l’exemple du marteau :

Chez moi, je laisse mon fils utiliser le marteau (d’où : le marteau sur la façade exemple réel)

Parce que cela participe de mon besoin de le voir se développer en autonomie et en confiance. Je pose alors le cadre de l’utilisation du marteau. Sauf cette fois-là 

Dans une autre famille le besoin de sécurité du parent leur fera peut-être interdire l’utilisation du marteau. ET c’est OK. Car cela correspond à LEUR besoin.

Un 2ème exemple : nous limitons l’accès aux écrans, à la maison, car cela correspond à notre besoin de parent de cadrer cette activité que l’on estime chronophage chez notre fils.

Chez nos amis, cela ne correspond pas à LEUR besoin car cette activité n’a pas la même emprise.

Et c’est OK encore une fois car cela correspond aux besoins de chacun.

D’ailleurs, on ne fait jamais aussi bien respecter une règle qui correspond à un vrai besoin. Lorsque c’est une règle qui ne nous tient pas à cœur, les enfants sentent qu’il y a possibilité de transgresser.

D’où mon 3ème point

  • ERREUR 3 : PENSER QUE TOUTES NOS REGLES SONT EQUIVALANTES ET QU’ELLES N’EVOLUENT PAS

La vie de famille est tellement trépidante qu’il serait utopique de croire que nos règles sont respectées à la lettre, et ce, tous les jours.

Nous le voyons bien, il existe des règles primordiales dans toutes les familles ; celles qui vont vous faire réagir justement, celles qui vont titiller votre cerveau du bas, celles qui vont vous alerter du danger pour vous si cette règle n’est pas respectée. Pour ma part ce sont celles qui nous mettent en danger de mort : comme circuler sur le trottoir, ou à vélo, mettre sa ceinture en voiture, donner la main lorsque l’on marche dans des endroits escarpés, ne pas mettre la main dans la cage du tigre etc…

et celles relatives au respect : respect des autres et de soi.

Puis il y a les règles de confort, les règles de tous les jours : elles sont nécessaires mais pas vitales. Elles sont en relations avec les besoins de chacun.

Et les règles issues des conventions : « dire bonjour, être poli, …. » Toutes ces règles que les enfants assimileront à  leur rythme.

Dans ma hiérarchie,

  • les règles primordiales sont non négociables.
  • Les règles de confort liées à nos besoins peuvent être négociées : dans certaine situation, elles peuvent faire preuve de souplesse.

Est-ce grave si aujourd’hui tu ne te laves pas ? Si son besoin de repos est plus grand que son besoin  de se laver alors il se lavera demain.

Et mon besoin d’être reconnue comme une bonne mère sera aussi comblée car il sera lavé !

Lorsque Mamie vient à la maison : qu’est ce qui prime pour nos enfants ? : Leur besoin de repos (couché à 8h) ou leur besoin de partage avec une personne proche ?

Ces règles ont de la souplesse en fonction des évènements et des besoins. Et lorsque mon besoin de me reposer, de prendre du temps pour moi, se fait ressentir, alors je l’exprime aussi et je le fais respecter.

  • Les règles conventionnelles sont assimilées au rythme de chacun. Surtout des possibilités de l’enfant.

Demander à un enfant qui bouge beaucoup ou qui aime parler d’être silencieux et assis pendant toute une messe reste pour ma part illusoire. Alors qu’un enfant qui aime écouter et retrouver son monde intérieur aura des facilités à rester assis et silencieux durant cette même messe.

Nous avons chacun nos propres limites et ce sont celles-ci qui imposent nos règles. Si nous sommes conscients de nos limites, nous serons alors en accords avec nos règles et il sera plus facile pour nous de les faire respecter.

Faire respecter une règle c’est être ferme lorsque c’est non, c’est non. Après, le parent peut accompagner la frustration qui découle de cette interdiction en accueillant la colère, en expliquant la règle, en dialoguant avec son enfant. Ils comprennent très bien nos propres limites. C’est cela vivre en société  : ACCEPTER LES LIMITES DE CHACUN.

Christelle

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

Qu’il ne soit pas coupé, Qu’il n’y ait aucune modification de contenu, Que vous fassiez référence à mon site : chriszanco.com,  Que vous mentionnez le nom de Christelle Zanco.

5 goûters sains et express à base de fruits !

Salut les parents ! Nous vous présentons 5 goûters sains, rapide et facile à faire, à base de fruits, que vous pouvez faire en vitesse après l’école pour vos enfants … Ou pour réaliser avec eux le mercredi après midi !

Continuer la lecture